dimanche 29 avril 2007

Appel d'un élécteur de Bayrou de droite

"Il y a des aventures qui marquent. Marco Polo autour du monde. Moi rue de l'Université. Un voyage intérieur. Au sein de la ruche bayrouïste. Il restera tant d'images, de mots, de bonjours et surtout des regards. Surtout des regards. Nous n'étions pas beaucoup. Nous n'avions rien. Et nous avons fait beaucoup. Cette tribune m'est l'occasion de remercier Marielle de Sarnez qui m'accorda sa confiance sur un simple sentiment. Un rapport direct et franc. Béatrice, Raphaël, François-Régis, Florence, Abder, Thierry, Mickaël, Florent, Maud, Stéphane et tous les autres que je n'oublie pas. Et bien entendu François Bayrou sans qui rien n'eut été possible. Tous, des chauffeurs aux hôtesses d'accueil, Anne, Hélène, Dorette, aux hiérarques du parti nous ont obligé, dans la cellule internet à nous dépasser. Nous fumes la vitrine légale d'un mouvement autonomiste qui prit les armes de la démocratie pour faire valser le Vieux monde.

François Bayrou a réussi son pari. Faire trembler, bouger ces plaques tectoniques. Obliger les uns de travailler avec les autres. Un pari fou. C'était du tout ou rien. C'est le tout qui a prévalu. Sept millions de Français ont voté pour François Bayrou. Qui choisiront dimanche prochain quelle présidence ils souhaitent donner à la France. Ne nous cachons pas derrière quelque phrase vertueuse, nous sommes affreusement déçus. Et ce n'est certainement pas l'institut de sondages CSA qui adoucira l'amertume qui nous habite. Avoir sciemment donné Le Pen un demi point au-dessus de François Bayrou à moins de 48 heures du scrutin était une vaste fumisterie dont ils souffriront économiquement longtemps, je l'espère pour eux.

De cette déception, il faut faire naître un élan. Il a été initié par François Bayrou mercredi dernier avec l'annonce d'une nouvelle formation politique dont le nom reste à définir. Je souhaite pour ma part qu'elle prenne les atours du Democratic Party américain. Nous verrons ce qu'il en est dans les prochains jours. Mais avant cet élan, ce choix, pour nous qui sommes si déçus, amers et en colère. Ce choix cornélien qui nous obligerait presque de nous dire qu'après tout, qu'ils se démerdent entre eux, ce n'est plus notre affaire que ces affaires-là. Or ce sont bien nos affaires. Plus que jamais. Nous avons incité, par le discours de François Bayrou, les électeurs à se passionner pour cette élection. Nous les avons poussés à se présenter dans les bureaux de vote. Les lâcher ainsi en rase campagne ne serait pas une bonne chose.

Je ne me fais ici le porte-parole de personne. Mais il me semble, au vu de cet incroyable discussion de fond entre Madame Royal et Monsieur Bayrou, l'un venant à servir de l'eau à l'autre, geste magnifique et révélateur dans ce pays où l'on ne se parle plus, où le quant-à-soi devient une religion, qu'il est plus de différences entre Messieurs Sarkozy et Bayrou qu'entre Madame Royal et Monsieur Bayrou. J'ai titré hier sur le site internet : "François Bayrou prend acte des désaccords entre lui et Madame Royal." Ce ne sont que des désaccords. Pas des divergences de fond irréversibles. Cela implique que le 6 mai, nous aurons à voter pour elle.

Je suis issu de la droite conservatrice. D'éducation judéo-chrétienne stricte, j'ai conservé de l'Histoire le sentiment que nous devons aujourd'hui travailler comme un orchestre, non comme un groupe de rock échevelé. Je sais que les déchirement qui naîtront de ce papier, mais aujourd'hui, le souci de mon pays m'est supérieur aux sarcasmes familiaux. J'écris dans Libération, un journal qui ne nous a pas épargnés durant cette campagne. Nicolas Sarkozy a certainement de bonnes idées en matière économique. Mais ce dont nous avons besoin avant tout, c'est d'être secoués avec empathie. Nous n'avons pas besoin d'un homme qui renvoie les Allemands à leur passé. Nous n'avons pas besoin d'un homme qui musèle la presse. Nous n'avons pas besoin d'un homme qui monte les uns contre les autres.

Nous avons besoin d'une femme qui dirige notre pays. Nous avons besoin d'une femme qui redonne confiance à tous, pas seulement aux bien-nés. Nous avons besoin d'une femme de poigne. Nous avons besoin d'une femme qui sait surmonter les blocages idéologiques de son vieux mouvement. Nous avons besoin de cette femme libre, aussi libre que nous le fumes dans l'UDF-Parti libre. Amis et compatriotes qui aviez voulu confier les rênes du pays à François Bayrou, il est temps de poursuivre dans le sillon tracé. Votez le 6 mai pour Madame Royal et adhérez en masse au nouveau mouvement de François Bayrou."

Column.
A reproduireet diffuser.

4 commentaires:

Xav a dit…

Et voilà ! Ne serait-ce pas là le meilleur état d'esprit démocratique que l'on puisse trouver ? Enfin des discussions saines, et ce même sur le fond !! Enfin un débat !!

Ne reste qu'à espérer que les électeurs de Bayrou suivent cet avis, qui semble quand même le plus évident je crois... Bref, malgré les bons côtés de tout ce qui se passe, beaucoup de gens vont encore voter "utile"... autrement dit ne voteront pas pour leurs idées.

Qui disait que la démocratie est le pire des systèmes, à l'exception de tous les autres ??

A bon entendeur.... (à ce we gros !)

Virgile a dit…

Non, tu peux voter pour une partie de tes idées. Et c'est ce que je ferais désormais avec Ségolene. elle m'a partiellement convaincue. Et l'axe Royal-Bayrou sur les institutions, le système politique, la République, les valeurs, moi j'y adhère des deux mains, et je leur demande juste de gagner de mettre en oeuvre leurs discours par la suite. Même si cela implique de renoncer à d'autres idées dans d'autres domaines. Faut hierarchiser ses priorités.

En même temps, au deuxième tour, c'est dur de voter "inutile"...:)
Même l'abstention n'est pas inutile, vu que c'est un demi-vote Sarko.

Xav a dit…

Oui tu probablement raison... Je dois avouer que Sego me convainc de plus en plus aussi, je la trouve droite dans ses bottes (sans mauvais jeu de mot) et claire dans son débat avec François...

Seulement, devant le gigantisme des enjeux auxquels nous allons être confrontés dans les 20 prochaines années (la république peux se pavaner, mais les pieds dans l'eau et la tête au soleil, la république elle va en prendre un coup !!), tous ces débats sont pour moi un peu inutile puisque les programmes sont centrés sur les symptomes et non les causes. D'ou pour moi un vote "utile" pour barrer la route à la droite, mais o grand dieu totalement inutile puisque aucun programme n'est adapté à la situation...

Donc je continue à penser que mon vote Royal va être inutile, bien qu'utile (je me fais comprendre là ???)

Virgile a dit…

Je comprends l'inutilité utile, mais cette fois je vois pas les choses pareil. C'est peut-être la social-liberalite qui me gagne (merde alors, mon héritage ! je vais être renié si ça continue...)

Nan, serieux, Bayrou et Royal ensemble au pouvoir, je me dis qu'ils auraient la capacité d'entrainement pour rénover les institutions, donner un meilleur mode de fonctionnement à notre systeme politique. Et pour relancer l'Europe sur des bonnes bases, et qui permettraient de renouveller l'adhesion populaire.

Apres peut-etre les institutions ne sont-elles que la forme, l'important étant le fond. Je sais pas. Si en fait, avec mes recherches, je sais que les deux comptent. Mais sur le plan économique et social, je ne vois aucune solution, sinon un socialisme modéré, rénovateur mais attentif, en attendant l'emergence d'un projet cohérent et surtout à grande echelle, européenne minimum. Pour moi, en attendant, et vu ma situation socio-economique, je mets la priorité sur les institutions d'une part, et d'autre part les banlieues, l'éducation, le vivre-ensemble et la vision d'un avenir attirant pour tous (desirs d'avenir...lol). Et là-dessus, je crois que ça peut dépasser les symptomes pour attaquer partiellement la base, a commencer par l'education, scolaire et familiale et sociale. Mais faut pas oublier le mouvement général mondial, liberalisme, individualisme, violence, thune, business, rapidité, etc. Et ça, c'est pas un petit president (non je ne parle pas de Sarko) qui peut changer tout à lui tout seul.